Physiothérapie Équinephysiotherapie equine cheval massage

par Arianna Saverino, Physiothérapeute équine

 

Combien de fois est-il arrivé que notre cheval se montre peu enclin au travail, qu’il résiste à la main, refuse les changements de galop, ne saute pas, ne trotte ou ne galope plus comme avant, sans aucune raison apparente ?

Et combien de fois est-il arrivé qu’il présente ou ressente une boiterie sans que nous ne sachions pourquoi ?

Je ne parle pas que des problèmes générés par un stress professionnel excessif ou par des “incidents” survenus au cours de l’entraînement ou dans le box, mais également des ressentis post-opératoires, post-hospitalisation ou post-immobilisation forcée au box suite à des inflammations tendineuses, ligamenteuses ou autres.

Très souvent, les traitements vétérinaires classiques se bornent à soigner la blessure, l’inflammation ou la fracture et ne s’occupent pas assez des suites, c’est-à-dire de la nécessité de restituer au cheval sa capacité à se déplacer aussi bien qu’il se déplaçait avant l’incident.

Sans compter que, avant de soigner un problème, il paraît déjà judicieux d’essayer de le prévenir et de corriger les fameuses “difficultés à l’effort”.

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Arianna Saverino

Cette longue entrée en matière a pour but de vous présenter un sujet important relatif à un domaine connu dans l’univers des soins du cheval mais encore énormément sous-estimé : la physiothérapie équine. J’en parlerai de façon synthétique dans cet article en me basant sur les études effectuées ces cinq dernières années, et surtout sur mon expérience de physiothérapeute acquise directement sur le terrain.

Le cheval et sa musculature

Quand on pense que la masse musculaire du cheval (système responsable des mouvements de l’ensemble de son corps) représente 60 % du poids de son corps, il ne faut pas s’étonner que, bien souvent, pour ne pas dire toujours, ses problèmes proviennent des muscles.

Dans la majeure partie des cas, la cause réside dans une minuscule portion de tissu musculaire qui n’est plus en mesure de remplir sa fonction.

Vous le savez, il existe deux catégories de muscles : les muscles volontaires (squelettiques) et les muscles involontaires (lisses et cardiaques).

La majeure partie du système musculaire est constituée de muscles volontaires. Lors de la manipulation du cheval, plus de 700 muscles superficiels et profonds sont concernés, ceux préposés au mouvement.

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Ces muscles ont des formes et dimensions différentes et ont principalement une fonction de distension et de flexion ; quant aux muscles non préposés au mouvement, ils ont pour fonction de maintenir la position dans l’espace ; ils exercent donc plutôt une activité tonique et posturale.

Leur contraction (concentrique, isométrique ou excentrique) permet un mouvement correct et harmonieux du corps du cheval.

Le propre du cheval est de donner le meilleur de lui-même en toute circonstance. Il est fait pour se déplacer de façon puissante et élastique en même temps. Mais ceci n’est possible que si son état psycho-physique est au top.

Quand ces caractéristiques manquent, c’est qu’il y a un problème.

La physiothérapie traite justement de cela : maintenir notre compagnon au maximum de ses potentialités en améliorant aussi bien son état moteur que son état psychologique.

Comment agit la physiothérapie sur le cheval ?

La thérapie manuelle par le massage et la digitopression :

  • Améliore la circulation, dilate les vaisseaux sanguins et donc augmente la production de globules rouges
  • Stimule la circulation lymphatique
  • Augmente la production de liquide synovial dans les articulations
  • Augmente la nutrition des tissus en aidant à l’échange de substances entre le sang et les cellules
  • Améliore la circulation et la nutrition des articulations et jointures
  • Améliore l’irrigation sanguine, la nutrition et l’oxygénation des muscles, et ce sans produire l’acide lactique susceptible de se produire pendant le travail, donc en prévenant l’accumulation de substances résiduelles néfastes et en favorisant l’échange cellulaire
  • Favorise l’élimination des toxines
  • Facilite l’élimination des fluides, du phosphore inorganique et des produits de rebut du métabolisme protéique, avec effet diurétique par les reins
  • Résoud les crampes musculaires
  • Diminue les inflammations et les gonflements dans les articulations pour soulager la douleur
  • Allonge le tissu connectif en améliorant sa nutrition et la circulation pour résoudre ou prévenir la formation d’adhérences et en réduisant le risque de fibroses
  • Renforce le tonus musculaire et augmente l’amplitude des mouvements
  • Soulage la tension nerveuse en stimulant la production d’endorphines
  • Aide à désenflammer les tendons en améliorant les cas d’adhérences et de contractions
  • Couplés à une rééducation sur le terrain, contribue à améliorer substantiellement le caractère du cheval en diminuant sa nervosité, en agissant sur la disparition de ses tics et manies et de son état de gêne
  • Favorise la production de sérotonine et d’une substance similaire à la novocaïne.
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Les bienfaits sont substantiels également sur les prestations agonistiques, dès lors que la manipulation maintient le corps du cheval dans une condition physique optimale, aide à prévenir rigidité et problèmes de l’appareil musculosquelettique, restitue élasticité et mobilité aux muscles abimés et augmente le coefficient d’efficience du cheval.

A la lecture de ce qui précède, on comprend donc l’importance de la physiothérapie, non-seulement pour résoudre des problèmes existants ou causés par un état post-opératoire ou un accident, mais aussi et surtout, au stade préventif !

Qu’est-ce que le stretching ?

Un autre instrument utilisé en physiothérapie est le stretching.

On utilise le stretching sur les chevaux pour qu’ils gardent des mouvements élastiques et souples. C’est aussi un excellent instrument diagnostique pour les difficultés motrices des membres et du tronc.

Les muscles contractés et raccourcis à cause d’un travail très stressant (préparation à une compétition) se fatiguent plus vite, ce qui cause fréquemment des blessures des ligaments, des articulations, des muscles et des tendons.

Plus nous aidons le cheval à avoir des fibres longues et élastiques, plus nous lui permettons d’avoir un mouvement ample et fluide. C’est justement ce qu’optimise le stretching, en diminuant considérablement les risques d’accidents.

Outre la structure physique, le stretching a aussi des effets positifs sur la coordination, les réflexes et la proprioceptivité (conscience du cheval de ses propres mouvements dans l’espace).

La rééducation du cheval sur le terrain

Enfin, la rééducation sur le terrain est tout aussi importante.

Celle-ci doit être faite en pleine conscience et selon des modalités adaptées au cheval.

Le mieux est de partir de la base, c’est-à-dire d’instaurer un rapport de confiance entre le physiothérapeute et le cheval, qui devra ensuite être maintenu par le propriétaire.

Ensuite, on pourra continuer en travaillant le cheval de façon à distendre et raccourcir ses muscles, à allonger ses ligaments et à éliminer ses toxines, grâce à des exercices déterminés, tels que :

– le travail au cercle ou en longe s’il n’y a pas de cercle à disposition,

– les barrières, de préférence au pas et au trot, pour habituer le cheval à lever les pieds tout en soutenant l’encolure sans se rigidifier,

– des exercices en selle tels que : épaule et dos en dedans et en dehors, galop à faux et travail en distension pour ensuite passer aux mouvements raccourcis, calmement et sans trop reposer son poids sur le dos du cheval.

cheval blessures des ligaments, des articulations, des muscles et des tendons

Quand faire de la physiothérapie et quand faire du stretching ?

La physiothérapie doit être faite à froid pour bien identifier les zones à traiter, alors que le stretching se pratique à chaud. Il faut donc que le cheval ait travaillé, ou au moins marché une dizaine de minutes, avant de lui demander un allongement. A défaut, le risque est sérieux de lui causer des dommages importants.

Le traitement vise à maintenir le cheval au mieux de sa condition psycho-physique et, justement, à prévenir les dysfonctionnements à charge du système musculaire, tendineux et articulaire.

Un mauvais mors, des fers inadaptés, une position incorrecte du cavalier, un travail inadapté sur le terrain ou une mauvaise position de la selle peuvent entraîner des inflammations et contractions.

Pensons-y avant de monter sur un cheval et essayons toujours de ne pas oublier qu’il supporte ce que nous lui imposons, sans jamais (ou presque) se rebeller et donc, s’il se trompe, il est très probable que ce ne soit pas de sa faute, mais bien de la nôtre.

Traitons-le avec soin et il nous remerciera par ses actes en nous donnant mille satisfactions.

 

Physiothérapie du Cheval, Stretching et Rééducation sur le terrain

par Arianna Saverino, Physiothérapeute équine

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